Le feu - Éclosion et développement du feu

Cette séquence est présente dans la première partie de la formation SSIAP 1 (Le feu et ses conséquences). Elle est enseignée en théorie en 4 heures.

AU SOMMAIRE :

  1. Théorie du feu
  2. La fumée et ses dangers
  3. Propagation du feu: Conduction, convection, rayonnement et projection
  4. Conduite à tenir face à un local enfumé sans mise en danger pour l'intervenant

La théorie du feu

On parle de combustion pour désigner un dégagement de chaleur – on parle de réaction exothermique – entre un combustible et un comburant (c’est-à-dire de l’oxygène). Un combustible peut être solide (bois, papiers, tissus…), liquide (hydrocarbures…) ou gazeux (gaz naturel, butane…).

On parle d’incendie lorsqu’une combustion se développe sans contrôle dans l’espace ni dans le temps.

Le feu désigne une combustion maîtrisée.

Le triangle du feu (ci-dessous) est à la base de la théorie du feu. Il met en évidence les 3 éléments indispensables qui expliquent – pour la plupart – les incendies dans notre monde.

Triangle du feu

La combustion ne peut se produire que si l’on réunit ces trois éléments : le combustible, un comburant (c’est-à-dire de l’oxygène) et une énergie d’activation (c’est la source de chaleur qui fait démarrer la combustion,elle peut être naturelle, thermique, mécanique, biologique,chimique ou encore électrique).

La disparition d’à minima un élément de cette équation suffit à arrêter la combustion. On cherche alors à supprimer le comburant, l’énergie d’activation ou encore le combustible pour enrayer la propagation d’un incendie et contribuer à son extinction.

On peut aller plus loin en parlant également du tétraèdre du feu (ci-dessous).

Tétraèdre du feu

Depuis les années 1990/2000, on a rajouté au triangle du feu un 4ème élément: les radicaux libres.

On parle de radicaux libres pour définir les molécules nouvelles formées par l’oxydation du combustible. Issues de la combustion, ces molécules sont très réactives et possèdent un fort potentiel toxique. Un cercle vicieux s’enclenche tant que le combustible et le comburant sont présents.

Les 5 classes de feu à connaître

Feux de classe A:

On parle de feux de classe A pour désigner les feux de combustibles solides. Charbon,bois, carton, papier, tissus, matières organiques ou encore certains plastiques sont concernés par cette classe A.

A noter que les combustibles énumérés ci-dessus ont la particularité de produire des braises puis des cendres. On parle alors de feux couvants.

 

Feux de classe B:

On parle de feux de classe B pour désigner les feux de combustibles liquides.Kérosène, white-spirit, pétrole, dégraissants, essence ou encore dissolvants sont concernés par cette classe B. A noter que l’on ajoute aussi à cette classe un ensemble de produits liquéfiables comme le sucre, le caoutchouc ou encore certains plastiques.

Au contraire des combustibles solides (Feux de classe A), les combustibles énumérés ci-dessous ne produisent ni braises ni cendres.

 

Feux de classe C:

On parle de feux de classe C pour désigner les feux de combustibles gazeux. Butane,propane, gaz de ville ou encore méthane sont concernés par cette classe C. Les combustibles des feux de la classe C sont très dangereux. Ils se mélangent naturellement à l’air et par conséquent leur inflammation est immédiate et explosive.

Feux de classe D :

On parle de feux de classe D pour désigner les feux de métaux. Aluminium, potassium,magnésium ou encore lithium sont concernés par cette classe D.

 

Feux de classe E :

On parle de feux de classe E pour designer les feux liés aux auxiliaires de cuisson.Huiles, graisses végétales ou encore graisses animales sont concernées par cette classe E.

La fumée et ses dangers

D’après le Docteur Francis Lévy, Expert en Médecine légale près la Cour d'Appel de Colmar, ancien Médecin-chef des Sapeurs-Pompiers du Haut-Rhin, 80% des décès lors d'incendies sont en relation avec l'inhalation des fumées.

Ces fumées et gaz toxiques se traduisent sur les personnes par :

  • Des brûlures par inhalation
  • La diminution du taux d’oxygène présent dans l’air
  • La réduction de la visibilité

Ces fumées et gaz toxiques se traduisent sur le sinistre par :

  • Une propagation du feu rendue plus facile à cause des fumées chaudes. On parle ici du phénomène de convection
  • Un risque d’explosion ou d’embrasement non maîtrisé à la suite de l’accumulation de ces gaz toxiques et fumées dans des volumes clos ou semi-ouverts

Les fumées sont le résultat d’une combustion incomplète. Les fines particules issues de cette combustion incomplète créent l’opacité des fumées. Ces fumées sont composées par ces trois états :

  1. L’état liquide : Vapeur d’eau par exemple…
  2. L’état solide : Particules non brûlées par exemple…
  3. L’état gazeux : CO2 par exemple…

A noter que ces fumées se propagent très rapidement : Jusqu’à 1 mètre par seconde !A noter également que ces fumées peuvent atteindre des températures très élevées et très rapidement : Jusqu’à 600° en quelques minutes !

Propagation du feu : Conduction, convection, rayonnement et projection

On parle de la conduction pour désigner la transmission de la chaleur dans la masse des matériaux. Cette transmission se fait de proche en proche. Par exemple, vous posez une fourchette sur une casserole chaude. La fourchette va atteindre la température de la casserole chaude après quelques minutes sans transfert de matière.

On parle de la convection pour désigner la transmission de la chaleur par les fumées et les gaz de combustion. Le désenfumage permet de réduire la convection.

On parle du rayonnement pour désigner l’énergie que tout corps chauffé émet sous formes d’ondes électromagnétiques. Ces rayonnements sont absorbés par d’autres corps sous forme d’énergie thermique. Il convient d’éloigner les bâtiments entre eux pour éviter le risque de rayonnement. L’arrosage des bâtiments en vis-à-vis est également une manière de réduire le risque de rayonnement.

Enfin, on parle de la projection pour désigner la projection de débris et de particules enflammées ou encore incandescentes. Les éléments composants les toitures représentent des risques de projections très importants.

Conduite à tenir face à un local enfumé sans mise en danger pour l'intervenant

Le professionnalisme d’un agent de sécurité incendie SSIAP ne se mesure en aucun cas à son héroïsme mais à son sang-froid. Il ne faut jamais être à la recherche de la réalisation d’un acte héroïque avant de mesurer le danger que vous encourez vous-même lorsque vous vous retrouvez dans un local enfumé.  

Vous devez d’une part vous interroger sur votre capacité à pro céder à un sauvetage mais également sur votre capacité à envisager l’extinction de l’incendie.

De manière générale, il faut toujours éviter le sur-accident. Un agent SSIAP 1 n’est pas mesure et n’est pas formé à intervenir dans un local très enfumé. Dans ce cas-là, il faut prévenir les secours et éviter le sur-accident.